PARTITA


PARTITA

Chorégraphie Laetitia Angot et Marie Duprat Danse Laetitia Angot Piano Marie Duprat Musique Partita N°2 en do mineur BWV 826, Jean-Sébastien Bach

« Robert Wyatt chante : At last, I am free ! I can hardly see in front of me. Thelonious Monk se suspend à ses ratés et nous retourne. Pour Partita, à l’invitation de Marie Duprat je choisis dedanser sur la brèche. Une danse sauvage en aveugle, bricolée à vue pour chercher comment un équilibre dans la structure est toujours à la fois une chute, un élan et un saut. Danser comme invitée à pénétrer la chair du présent par l’art du contrepoint, de la fugue, de la basse continue, sans cesse et soutenue puissamment et menacée d’un sol et d’un ciel qui se dérobe.  Comment demeurer? Comment prolonger son séjour non pas surou autour, en extériorité, mais dedans ? Comment être à Bach comme : « comment être au monde ? »  Marie Duprat pratique la partita de Bach comme ce à quoi elle fut destinalement vouée, comme un exercice. De cette pratique, l’aspérité des coutures, la rugosité dela structure de la partita en ressort comme étant celles  d’un tissu usé, troué, fragile. S’hallucinent alors, passant au travers, d’autres airs, des possibles à être. » Laetitia ANGOT

« Une partita comme une ritournelle qui me resterait de toujours, un morceau classique quand on veut quitter lamusique classique, mais aussi pour qu’elle revienne. L’envie d’en faire quelque chose. La nécessité de danser, la primauté du mouvement et du geste dans la musique. Les Partitas de Bach ont été écrites dans les années 1730 au moment où Bach était directeur du Collège de Leipzig. Elles s’inspirent de danses baroques et sont presque toutes construites sur le même modèle : une Ouverture, une Allemande, une Courante, une Sarabande, un Rondeau, et, particularité de la Partita n°2 en do mineur,un Capriccio. Dans cette suite de 6 danses musicales, se trouvent sous une forme concentrée les grandes figures du contrepoint, de la fugue, de la basse continue et du chant tels que lesmaîtrisait J.S.Bach. Toutes choses qui ont servi de point d’accroche à un vocabulaire de danse contemporaine. Dans les courbes, les élans, les brisures, on passe du mouvement à l’immobilité et de l’immobilité au mouvement. » Marie DUPRAT

Laetitia ANGOT
Ses danses sont des danses de peu. Elles sont bigarrées : comme suspendues entre minimalisme et baroque. Elles se forment sur le modèle du champignon et/ou du chou-fleur. Elles sont un mode choisi de connaissance, un mode d’avant la pierre, d’avant les mots. Elles s’épanouissent en élaborant des conditions de lisibilité de l’expérience en cours qui les forme. En ce sens elles sont et brutes et fragiles. Elles sont adressées. Elles s’inscrivent par leur mode de fabrication dans un geste politique : être engagé, en ouverture, dans le goût du frottement aux différences, du métissage, du bricolage. Aussi, elles flirtent avec les danses nées sur le Mississipi, les cake-walks, le butô et le burlesque. Elles expérimentent souvent l’élasticité et le raté à l’endroit du tremblement, de la frappe. Elles sont parfois punk et mélancoliques, pathétiques et grotesques. Les glossolalies qui en sortent portées par l’air, empruntent à la part la plus archaïque du langage. Elles sont hantées. Elles sont enclines à forer les affects comme des enfants, creuser vers là où s’élabore le degré zéro du signifiant, là où l’on pourrait surprendre le sens à l’état naissant : peut-être dans le rythme ? Elles se tissent dans la question « où commence la danse ? ». Elles se créent à la rencontre, de soi, de l‘autre.

Marie DUPRAT

Des études de piano classique, des études tout court, une formation à Radio-France comme attachée de production à France Musique, la tentation de l’écriture, et elle se lance, peut-être que ça vaut le coup : en 2006, elle compose pour l’artiste bruxellois Erwan Mahéo qui l’a invitée à une résidence à Belle-Île en Mer (« le Centre du Monde »), une série de Variations intitulée « Kervilahouen ». À partir d’improvisations, les paysages se déroulent, s’étirent et se resserrent, se délient et se heurtent au fil des états d’âmes et des visions mentales. Mais il y a aussi le théâtre: la même année (2006), elle part à Rome, invitée par deux acolytes Luisa Merloni et Fiora Blasi créer le « Cabaret Hypocondriaque », sur des musiques qu’elle improvise pour donner à trois ce conte poétique et disparate qui eut pour thème la féminité, les vacances, la solitude et l’amour. La poésie, donc, aussi. C’est le spectacle « Vies ou les Courants de la Lande », avec la comédienne et metteur en scène Martine Amanieu (la Compagnie de l’Ane Bleu). Il s’agit là d’improviser et de composer une musique de scène inspirée des poèmes d’Arthur Rimbaud. Redonner à la musique sa dimension de présentification du réel, qui passe par l’émotion et par le geste, par les notes et par le son. Une musique de film plus tard (« Jean-Pierre Vernant, La Fabrique de Soi », La Huit-Production), voilà « PARTITA » en 2011-2012, où elle va au plus près du geste avec la danseuse Laetitia Angot. Retrouver ce qui, pour elle, est au coeur de la musique, le rapport au corps, à l’imaginaire, au battement du coeur, à la pulsation.

Résidence et co-production
Le Granit-Scène Nationale de Belfort
Création
Le 13 novembre 2012.
Au Granit-Scène Nationale de Belfort.
Version piano à queue, grand plateau, durée 50 min.
Tournée
Les 30 et 31 mars 2013
À l’Atelier du Plateau à Paris
Version petit plateau, quart-queue, durée 50 min
Du 13 au 19 juillet 2013
Place des Carmes, Avignon
Version rue, piano droit, durée 30 min
Contact
Les LAACC-Laetitia Angot
8, rue Maurice Genevoix 75018 Paris,/+33 681341972 /les.laacc@gmail.com, http://laetitiaangot.worpress.com
Marie Duprat:
lupradem@gmail.com
Remerciements
Le Théâtre des Carmes, Andriève Chamoux, Sébastien Lanz, Xavier
Angot, Sébastien Troester, Simone & Philippe Nadaud, Pierre
Leveau, Marie Darrieussecq, Vincent Poymiro et Benoît Torti

Une réflexion sur “PARTITA”

  1. Un superbe moment, dans ma ville préféré, je ne pouvais pas vous quitter des yeux, et mes oreilles étaient totalement à Marie. Merci infiniment, j’aurai voulu voir à l’Atelier du PLateau §§§
    Rébecca, la noire qui n’a pas de cheveux devant les Carmes, vers 17h…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s