REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES


/ 16 Septembre à Amilly

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES AMILLY / CREATION

Pièce Chorégraphique / Laetitia Angot LE 16 SEPTEMBRE 2012 à AMILLY Aux Tanneries, en extérieur sur la pointe bordée des deux bras du Loing, dans le cadre de l’exposition DE-COMPOSITION.

Intervenir à l’invitation de Sylvie Turpin et en résonance avec les œuvres présentées par les artistes, c’est pour moi me poser la question du corps dansant, comme l’on pourrait dire d’une sculpture se formant.

Mon corps a une forme, il est au monde, à l’espace. Je l’éprouve dans du temps. Mon corps est la condition première de mon expérience du monde, de l’autre, objet, être, réflexion. Vivant, il est toujours en mouvement même lorsqu’il paraît immobile, au repos. Son ossature est le garant de sa forme, de sa possibilité à se positionner ; sa musculature de sa capacité à se déformer et à exercer des forces sur lui-même et sur le monde. Il repose sur ses surfaces.

Immobile, debout, reposant sur mes os, je suis déjà agi.

Des poussées s’exercent, rétablissent l’équilibre. Je perçois le monde et moi-même, le reçois, me reçois. Je suis déjà en mouvement.

Étant, il y a déjà du battant, du respirant, du sentant. J’organise déjà l’espace, je rythme déjà le temps.

Il y a déjà du dansant.

J’en reste à l’étonnement, au qu’est-ce que j’en fais ?

La fabrique du mouvement peut facilement se mettre en branle.

Difficulté d’en rester au nécessaire.

Si un regard est posé sur moi, le mien ou celui d’un autre, difficulté de ne pas répondre à une attente supposée, à un jugement supposé, difficulté de ne pas donner une réponse quelle qu’elle soit à la raison de l’être là.

Qu’est ce que je fais là ? Qu’est-ce que je vais faire ?

J’enregistre des changements. Cela traverse.

Même un mouvement des plus spontanés semble conditionné, déterminé par un ensemble de facteurs innombrables et d’ordre différent.

Mon corps a une forme, en cela il est déjà déterminé dans le monde.

J’observe avec attention les phénomènes qui le traversent.

Si j’applique un objectif, comme celui de marcher, ou de reposer successivement mes surfaces, le monde se renverse à chaque instant.

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES se crée à partir de ce qui m’a arrêté dans les œuvres de l’exposition Dé-composition.

Chez Claire-jeanne Jézéquel : Est-ce, ce qui s’est répandu que l’on a contenu ou sont-ce les volumes-contenants qui se tiennent par ce qui s’est répandu ? Mémoire de ce qui fût répandu et s’arrête : repos du liquide.
Chez Martin Barré : Quand est-ce que les lignes se sont arrêtées sur la surface du tableau ? Est-ce la matière qui les maintient au repos ?
Chez Alexandre Calder : Comment, ce qui semble si stable est-il toujours un repos en équilibre ?
Chez Arnaud Vasseux : A quoi ça tient ? Comment immobile cela est-il toujours infiniment un mouvement prolongé ?
Chez Pierre Tual : Comment l’intransportable, tordu, frappé, découpé s’est-il déposé ? Qu’est-ce qui maintient quoi ?

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES se proposera comme une expérience ouvrant sur un répertoire de formes surgies de contacts involontaires avec l’extérieur.
Le corps inscrit dans le paysage devient un étalon mouvant à l’aune duquel on saisit ses détails.

Je reposerai successivement donc les surfaces de mon corps.
Je porterai toute mon attention à identifier la surface qui se dépose. Grande concentration sur son étendue, sa forme,  sa fonction usuelle,  son histoire.
Le repos d’une surface, plus que son simple dépôt pose la question de l’adhérence, du contact de l’appui, il y a un certain  abandon. À quoi s’abandonne-t-on ?
Le repos d’une surface pose la question du support ; Cède-t-il ? Supporte-t-il ? Grande concentration sur ses propriétés, ses limites. Accueil des sensations. Sur quoi pouvons-nous nous reposer ? Qu’est-ce qui nous tient, nous accueille ?
La succession pose la question du rythme, du choix du support, du choix de la surface à reposer. Jusqu’à quand rester ?
Le choix des surfaces pose la question de l’activité du reste du corps, des restes… Suivent-ils, résistent-t-ils ?
Le repos d’une surface donne au mouvement une direction.

Je veillerai à m’orienter d’après mes changements. Toute direction spontanément initiée est à suivre.
Le cheminement du corps dans l’espace sera déterminé seulement par les choix successifs des zones de repos appliquées aux surfaces du corps.
Dans cette succession de choix, il y aura organisation d’un espace et d’un temps de fait. Il y aura composition avec le lieu.

Il y a une pointe triangulaire bordée par les deux bras du LOING à l’extrémité de la parcelle des Tanneries.
Le bruit de l’eau et des feuillages, la présence graphique du paysage sont très prégnants.
Vous marcherez pour vous y rendre.
Peut-être pleuvra-t-il ?  Peut-être fera-t-il chaud ?
Il y aura des bancs, vous pourrez vous y asseoir.

 

REPOS SUCCESSIFS DE SURFACES

 

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